Fondée en 1821, la maison Aucoc s'impose rapidement comme l'un des orfèvres-joailliers les plus réputés de la rue de la Paix à Paris, fournisseur de l'aristocratie et des cours royales européennes. Son atelier, exigeant et novateur, forme quelques-uns des plus grands noms de l'orfèvrerie française — c'est là que débuta le jeune René Lalique, avant de devenir le maître verrier que l'on connaît.
André Aucoc, à la tête de la maison, voit son travail salué par des médailles aux Expositions universelles de 1889 et 1900, consécration du savoir-faire parisien à l'apogée de l'Art Nouveau. Ce poudrier signé « A. Aucoc » et numéroté « 547 » illustre pleinement cette période : le couvercle déploie des tulipes stylisées en vermeil rose sur un fond de volutes filigranées, serties de rubis et de saphirs, dans ce vocabulaire végétal sinueux si caractéristique du mouvement.
Objet de coiffeuse autant que bijou d'apparat, il conserve son compartiment à poudre et sa glace d'origine, ainsi qu'un fermoir à poussoir toujours fonctionnel — témoin intact du raffinement de la vie mondaine parisienne du tournant du siècle.